Culture/Ouagadougou : Disparition mystérieuse d’une statue au monument des architectes toujours en construction

La statue de  Reeba, premier fils de Naaba Oubri a disparu mystérieusement au rond-point du monument des architectes situé à Wemtenga dans l’arrondissement 5 de Ouagadougou. Indigné par cet acte de vandalisme, le Mouvement Culture et Action a convié la presse le dimanche 26 juillet 2020 sur les lieux pour constater les faits.

Erigée la semaine dernière par l’ordre des architectes, c’est avec amertume et stupéfaction que le Mouvement Culture et Action a constaté la disparition mystérieuse de la statue en bronze d’environ 2m de hauteur aux bras levés de Reeba, ancêtre des masques sacrés du Mogho (appelé communément moog waogo). Cet ancêtre est le premier fils de Oubri, premier Mogho Naaba du royaume de Ouagadougou.

Selon le président du mouvement, Thomas D’Aquin Ouédraogo, cette statue a été vandalisée par un groupuscule de jeunes accompagné de soi-disant chefs traditionnels. «Le 25 juillet 2020, des individus sont venus avec des tronçonneuses emporter la statue  de Reeba», a-t-il expliqué.

Indigné et déçu par cet acte de vandalisme, il insiste sur le fait qu’aucune raison, aucun prétexte ne peut justifier que l’on détruise ce qui symbolise notre identité culturelle. « C’est dommage que des burkinabè puissent agir de la sorte. L’incivisme est grandissant dans ce pays car nous avons failli au niveau  de l’éducation.», soutient  une promotrice culturel, Juliette Congo.

Le mouvement condamne cet acte de vandalisme et interpelle le Mogho Naaba, chef suprême des Mossé ainsi que les autorités administratives à se saisir de cette affaire. Aussi, le mouvement compte poser une plainte contre X pour cette action qui n’est pas digne d’un burkinabè.  Après avoir échangé avec les autorités, le président a fait savoir qu’une enquête a été ouverte afin de retrouver les coupables.

Pour le président, cette statue est une première au Burkina Faso car elle présente l’histoire et symbolise l’ancêtre de la ville de Ouagadougou. « Alors permettre à des malfaiteurs de commettre des actes de vandalisme c’est démotiver tout investisseur et partenaires qui voudrait un jour accompagner notre culture et il faudra que cela cesse impérativement», a-t-il lancé.

En rappel, le Mouvement Culture et Action  œuvre depuis 10 ans dans la promotion de l’identité culturelle burkinabè. Leur initiative s’inscrit dans un processus de valorisation de l’histoire des ancêtres des burkinabè afin que la nouvelle génération s’imprègne davantage de son histoire à travers les figures emblématiques.

Assata SINARE

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