Jeunesse et entreprenariat : « C’est dommage que l’on se focalise sur l’argent quand on a une idée de projet », Dixit le nouveau président de l’association Koura,Gildas Tiendrebeogo

Élu à la tête de l’association Koura en avril dernier, le Magazine Cité Élégance est allé à la rencontre du président de l’association Koura, Gildas Tiendrebeogo. L’objectif de cette rencontre est de faire un tour d’horizon sur la vie de l’association, les grandes activités placées sous son mandat et sa vision du monde entrepreneurial.

 

Cité Elégance (CE): Bonjour monsieur  le président voudriez-vous vous présenter à nos différents lecteurs et lectrices ?

Gildas TIENDREBEOGO (GT): Je suis Gildas TIENDREBEOGO, entrepreneur et le président en exercice de l’association Koura.

CE : Quelle historique pouvez-vous dresser sur l’association Koura ?

GT : L’association Koura pour la promotion de l’entreprenariat et l’innovation créée  en 2015 a pour mission principale de favoriser le développement de l’entreprenariat et de l’innovation. En effet, trois raisons principales ont motivé sa création. D’abord, il faut noter que les membres fondateurs l’ont fait par conviction parce qu’ils estiment que la jeunesse burkinabè peut contribuer efficacement à l’émergence du Burkina Faso à travers l’entreprenariat. C’est d’ailleurs sur cette conviction qu’est calquée la vision de l’association et elle attend ainsi contribuer à l’émergence économique du Burkina Faso à l’horizon 2050. La deuxième raison, c’est pour offrir aux jeunes désirants entreprendre un cadre idéal qui leur permet d’obtenir les outils nécessaires et d’avoir le réseau nécessaire pour entreprendre de façon efficace. La troisième raison, c’est de pouvoir apporter une expertise en matière d’innovation aux entreprises.

CE : Quel est  le sens du nom de l’association Koura ?

GT : Koura, c’est en langue dioula qui veut dire nouveau, en référence à l’innovation et au nouveau souffle que Koura désire apporter dans l’éco système entrepreneurial au Burkina Faso.

CE : Est-ce que Koura a  des représentations dans d’autres villes du Burkina ?

GT : Pour l’instant Koura existe à Ouagadougou, mais nous pouvons pour des projets ponctuels avoir  des points focaux dans les différentes régions.

CE : Qu’entendez-vous par la notion d’entreprenariat et d’innovation ?

GT : La notion d’innovation est très ambiguë parce qu’on peut la définir comme le processus qui favorise l’innovation ou comme le produit issu de ce processus. L’innovation consiste à apporter une plus-value qui est le plus souvent contextuel. En matière d’entreprenariat, l’innovation constitue un avantage concurrentiel considérable. L’innovation ne doit pas être la finalité en entreprise, c’est avant tout un moyen indispensable.

CE : Après 5 ans d’existence, quelles sont les grandes réalisations de Koura ? 

GT : De façon très résumée, Koura se positionne sur trois axes. En matière de formation, d’accompagnement et d’évènement. Koura organise chaque année un programme qu’elle met en œuvre au profit des jeunes entrepreneurs. Elle accompagne au moins chaque année 5 porteurs de projet. L’association Koura, en matière d’évènement organise le Koura BootCamp qui rassemble plusieurs personnalités dans le domaine entrepreneurial.  Le thème de l’édition prochaine du Koura BootCamp est « Education et Technologie ».

CE : Est-ce que l’association Koura est accompagnée par les autorités burkinabè ?

GT : Pour le moment, c’est de l’accompagnement technique que nous attendons des autorités, pour participer à nos activités.

CE: Vous venez d’être élu président de l’association Koura, quel nouveau souffle comptez-vous apporter à ladite association ?

GT : Mon bureau exécutif et moi, nous attendons consolider les acquis de l’association. On a des projets qui vont apporter un nouveau souffle à l’association Koura.

CE : Quels sont les grands projets qui sont sous votre mandat ?

GT : Nous avons trois catégories de projet. Il s’agit d’abord de renforcer l’engouement envers les anciens projets. Ensuite la création des cellules Koura au sein des différents instituts et universités du Burkina Faso et enfin la réalisation d’un centre d’affaire pour les jeunes entrepreneurs.

CE : Sous quel thème est placé votre mandat ?

GT : Mon mandat est placé sous le thème « consolidation des acquis».

CE : Vous avez parlé de consolider les acquis, comment se fait cette consolidation ?

GT : Nous nous sommes  rendu compte qu’au bout de 5 ans d’existence l’association a acquis un certain nombre d’expérience qu’il faut arriver maintenant à valoriser comme il le faut. C’est là que l’on parle de consolidation des acquis en termes d’accompagnement des projets, de formations et d’évènements.

 

CE : Comment peut-on  adhérer à l’association Koura ?

GK : L’adhésion à l’association s’effectue avec le statut de membre actif ou le statut de membre honoraire. Toutes personnes souhaitant adhérer à l’association avec le statut de membre actif doit au préalable intégrer une commission en tant que bénévole. Il n’y a pas de durée, cette phase est comprise entre 3 et 12 mois. En ce qui concerne les membres honoraires, l’adhésion se fait sur demande écrite, adressée au président de l’association Koura.

CE : Est- ce que l’association soutient  les entrepreneurs dans tous les domaines ou bien il y a des domaines spécifiques où vous intervenez ?

GT : L’accompagnement de Koura en matière d’entreprenariat c’est dans tous les domaines. Il suffit juste de porter  une idée d’entreprise et avoir  envie d’entreprendre.

CE : Est- ce que vous accompagnez ces gens qui veulent entreprendre sur tous les plans ? Par exemple sur le plan financier.

GT : Sur le plan financier, notre accompagnement  peut se décliner d’une autre façon. Nous ne donnons  pas de l’argent mais ce que tu apprends te permet d’avoir de l’argent, si c’est vraiment l’argent qui manque. D’ailleurs, il est dommage qu’on se focalise autant sur l’argent quand on a une idée d’entreprise. Le plus important n’est pas forcément le financement.

CE : Comment se passe la politique de gestion de vos partenaires techniques ?

CE: Nous établissons des conventions cadres de façon générale avec nos différents partenaires techniques mais chaque année nous nous rencontrons pour rédiger ensemble une feuille de route et un plan d’action pour l’année.

CE : Dans une association comme Koura par exemple, quel est le rôle du président ?

GT: En réalité le rôle du président, c’est un rôle fédérateur. Vous savez l’association dans sa structure interne comporte des membres dans les différentes commissions et les responsables de chaque commission siège avec le secrétaire général, son adjoint et le président au niveau d’un bureau exécutif. Diriger la politique générale de l’association, mais la gestion interne même de l’association est confiée au secrétaire général.

CE : Que devient le président après son mandat ? 

GT : Il n’y a pas de traitement particulier avec les anciens présidents. Dans la structure interne de l’association, c’est qu’au bout de trois ans de militantisme en tant que membre actif de l’association, on passe automatiquement comme membre consultant. Nous estimons qu’au bout de trois ans, il a acquis un certain nombre de compétences qu’il pourra transmettre de façon ponctuelle. Et cela permet le renouvellement permanent des idées. Du coup, les anciens présidents sont aujourd’hui membres consultants mais il y a également le conseil supérieur qui est un statut délivré à des personnes qui ont occupé des postes clés de l’association et qui l’ont mené avec beaucoup de succès.

CE : Le Burkina Faso traverse une crise sanitaire, quel message avez-vous à l’endroit de la population et les partisans de Koura ?

GT : Je pense qu’il y a eu à tous les niveaux des messages de sensibilisation qui ont été menés, Koura même n’est pas en reste et ce que moi j’ai plutôt à dire c’est par rapport à l’opportunité qui peut se cacher derrière la Covid19 et que les entreprises burkinabè doivent avoir l’intelligence de saisir. Vous savez que toutes les grandes réalisations aujourd’hui que l’on exploite ont été mises en œuvre après des crises. Après cette Covid-19,  il faut  voir  l’opportunité qui se cache derrière. Sinon  le message général, reste  de respecter les mesures barrières.

CE : Quel message avez-vous à l’endroit de la jeunesse Burkinabè ?

GT: Je veux que l’on comprenne une chose car nous avons du chemin à faire. Il est important que l’on comprenne  quel qu’en soit notre niveau et quel qu’en soit ce qu’on a déjà réalisé, il faut se dire que ce n’est pas encore suffisant. Nous devons toujours redoubler d’ardeur.

 

 

Propos recueillis par la rédaction de citeelegance.net

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