La Coordination Nationale des Associations de Veille Citoyenne (CNAVC) a tenu une conférence de presse ce samedi 19 juillet 2025 à Ouagadougou, à un moment jugé décisif dans l’histoire contemporaine de l’Afrique de l’Ouest. À l’ouverture, la CNAVC a exprimé sa profonde reconnaissance aux forces de défense et de sécurité (FDS) des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), ainsi qu’aux Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP), pour leur engagement remarquable dans la reconquête de la souveraineté de l’espace commun.
Faisant l’éloge de leur bravoure et de leur détermination, la coordination salue également le leadership éclairé des trois chefs d’État de l’AES, soulignant que ces femmes et hommes, soldats du peuple, sont en train d’écrire une nouvelle page de l’histoire du Sahel, marquée par la résistance, la dignité retrouvée et une souveraineté assumée.
Sur le plan national, la CNAVC a abordé deux actualités majeures : la réorganisation territoriale en cours au Burkina Faso et la fermeture de certains magasins de vente de motos. Concernant la réforme territoriale, elle a rappelé qu’au Conseil des ministres du 2 juillet 2025, le gouvernement a adopté un projet de décret portant réaménagement du territoire national. Cette réforme fait passer le nombre de régions de 13 à 17 et les provinces de 45 à 47. Une décision motivée par des impératifs de sécurité, d’efficacité administrative et de gouvernance de proximité.
Pour la CNAVC, il s’agit d’une réforme stratégique visant à renforcer la réponse sécuritaire en tenant compte des réalités locales et à rapprocher l’administration des citoyens. Elle invite donc les populations à accompagner cette initiative patriotique, malgré les inquiétudes exprimées ici et là. Selon la coordination, les nouvelles dénominations sont inspirées des valeurs culturelles burkinabè et traduisent la volonté de renforcer l’ancrage identitaire et historique des territoires.
Concernant la fermeture des magasins de motos, la CNAVC a déploré une tentative de défiance de l’autorité de l’État. Elle condamne fermement ce comportement qu’elle qualifie d’égoïste, dans un contexte national exigeant davantage de solidarité, de responsabilité et de respect des lois. Elle en appelle à la raison des commerçants concernés, leur demandant de se conformer aux règles économiques établies, pour éviter toute forme de désordre ou de manipulation.
Sur le plan sous-régional, la CNAVC s’est également prononcée sur la situation au sein de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Elle a exprimé son indignation face à ce qu’elle qualifie de manœuvre néocoloniale, orchestrée notamment par le président ivoirien Alassane Ouattara et le président français Emmanuel Macron, pour empêcher l’accession légitime du Burkina Faso à la présidence tournante de l’UEMOA. Elle a dénoncé l’instrumentalisation du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye dans cette stratégie de blocage.
Évoquant la dernière conférence de l’UEMOA à Lomé, la CNAVC a rapporté que les représentants des pays de l’AES ont été contraints de quitter la salle, suite à des propos jugés discriminatoires tenus par le ministre sénégalais de l’Économie. Une situation qualifiée de regrettable et contraire à l’esprit d’unité et de coopération censé guider les instances communautaires.
Tout en rappelant que l’UEMOA est une institution fondée sur des textes clairs, la coordination a mis en garde contre toute dérive politique ou institutionnelle qui fragiliserait l’unité de l’organisation. Elle appelle à un retour aux principes, au respect des règles et à une gouvernance communautaire inclusive, pour éviter que l’UEMOA ne subisse le même sort que la CEDEAO, déjà affaiblie.
Enfin, la CNAVC lance un appel fraternel au peuple sénégalais, afin qu’il reste vigilant et fidèle aux idéaux panafricanistes qui ont guidé le choix populaire lors de la dernière présidentielle. Selon elle, s’opposer aujourd’hui au capitaine Ibrahim Traoré, figure d’espoir pour des millions de jeunes Africains, revient à trahir les valeurs de souveraineté et de dignité partagées sur tout le continent.
Pour conclure, la CNAVC exige le respect des textes régissant l’UEMOA, rejette toute forme de manipulation, et plaide pour une Union forte, juste et souveraine. Non au bracage des textes de l’UEMOA ! Oui à une UEMOA des peuples !



