Formation des élus locaux : « Cette formation, si elle n’était pas programmée, il faillait la faire », dixit le Maire de la commune rurale de Loropéni

En marge de la session de formation des élus locaux tenue du 10 au 15 septembre 2018 dans la région du Sud-Ouest, le Maire de la commune rurale de Loropéni[1] a bien voulu accordé une interview au Magazine Cité élégance. A travers ces lignes, il apprécie positivement l’engagement de l’ENAM et du FICOD au côté des élus locaux pour la réussite de la décentralisation.

 

 

Cité élégance (CE) : Quelle appréciation faites-vous de l’initiative de l’ENAM à renforcer les capacités des élus locaux ?

Le Maire de Loropéni, M. Sié Pooda : Tout d’abord, permettez-moi de remercier l’Etat du Burkina Faso pour avoir eu cette idée de renforcer les capacités des élus locaux et aussi la mise en œuvre qui a été faite par l’ENAM. Il faut dire que cela est une bonne chose. Pour mieux conduire une communauté, il faut maitriser certains domaines, certaines lois et certains textes. Vous voyez la décentralisation au Burkina Faso a pris son envol autour de 2006 et bon nombre d’acteurs méconnaissent les textes et le rôle des élus locaux. Il faut dire que cette formation vient à point nommé dans ce sens qu’elle va nous permettre en tant qu’élu de connaitre  ce que la population, l’Etat  attendent de nous ainsi que notre place dans la société. Je veux dire que cette formation si elle n’était pas programmée, il fallait la faire. Il faut dire que l’initiative est à saluer et en tant que formateur vous avez dû remarquer cela car, il y avait des insuffisances et des méconnaissances. C’est vrai que la plupart de ces élus sont des gens instruits mais dans un domaine bien précis et pas dans le domaine de la décentralisation et de la collectivité. Il faut dire que le FICOD qui est le grand financier de cette formation a bien fait d’accompagner le projet. C’est vrai que c’est un programme qui est chargé de la décentralisation mais ce n’est pas le seul aspect de la décentralisation. FICOD aurait pu ou dû prendre toute cette somme et mettre dans la construction des bâtiments mais à quoi sert des bâtiments si ceux mêmes qui doivent gérer ne maitrisent pas les différents contours de cette gestion ainsi que leur rôle de maitre d’ouvrage ? Il faut dire que nous saluons et remercions l’ENAM qui a mis en œuvre cette activité.

CE : Après six jours de formation, des modules ont été développés et vos compétences ont été renforcées. Les acquis de cette formation, comment comptiez-vous les mettre en application au profit de vos communautés ?

  1. Sié Pooda : Reverser c’est la seconde phase de cette formation c’est-à-dire la mise en œuvre par l’élu local. C’est vrai que sur le terrain ce n’est pas facile parce qu’il y a ce que disent les textes mais il y a la pratique sur le terrain aussi. D’abord même entre les membres du conseil et l’exécutif, on pense maitriser mieux aujourd’hui nos rôles. Je dis bien je pense parce que c’est les papiers qui le disent. Mais dans la pratique, il faut savoir se concerter et impliquer même les non conseillers pour qu’on réussisse la mission. J’allais dire pour ma part, je tenterai d’appliquer au maximum ce qui m’a été enseigné au cours de cette formation et je ferai de cette formation un outil qui va me permettre d’impliquer davantage la communauté parce que ce que l’élu fait, il ne le fait pas pour lui mais pour la communauté et pour le bien-être de celle-ci. Donc, il serait important d’impliquer cette communauté pour qu’ensemble, on achemine vers ce bonheur.

CE : A l’issue de cette formation, est ce qu’il y a d’autres besoins de formation qu’à l’avenir l’ENAM pourrait prendre en compte ?

  1. Sié Pooda : Il faut dire que je l’ai un peu souligné au niveau des recommandations c’est la formation sur la commande publique et cette formation n’aura de sens que si les acteurs que sont les financiers ne sont pas impliqués parce qu’une chose est d’outiller l’élu mais l’autre est de faire comprendre aux acteurs impliqués quels sont leurs limites et quel rôle ils doivent jouer qui à mon sens devrait être un rôle d’accompagnateur. Donc à mes yeux, c’est un thème qui est très important pour l’élu local surtout pour l’ordonnateur.

CE : Quel est votre dernier mot ?

  1. Sié Pooda : Permettez-moi de remercier votre magazine qui m’offre l’occasion de parler de cette formation et en tant que magazine, je vais vous demander si possible de faire un tour à Loropéni parce que c’est une “commune mondialeʺ bien que financièrement, elle ne répond pas à cette hauteur mais c’est une commune pleine de potentialités alors je vais vous inviter à la découvrir.

 

Entretien réalisé par Adama Ouédraogo

[1] La commune rurale de Loropéni, située à une quarantaine de km de la ville de Gaoua, abrite le patrimoine mondial de l’humanité “Les Ruines de Loropéni”. Ce statut de fait de cette commune une commune particulière du Burkina Faso si bien que le 1er responsable de la municipalité la qualifie de “commune mondiale”

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