Insécurité routière : Une réflexion portée sur la question par l’Institut Free Afrik

 

Le  panel-débat  organisé le vendredi 17 mai 2019 à l’Institut Free Afrik a été  le fruit d’un partenariat entre l’Institut de recherche pour le développement (IRD), l’Initiative conseil internationale santé (ICI-Santé) et l’Institut Free Afrik. Ce panel avait pour but d’aborder la question de l’insécurité routière en Afrique en général et au à Ouagadougou en particulier.

L’actualité de ces dernières semaines édifie à plus d’un titre sur le phénomène des accidents de la circulation. A Ouagadougou, l’on assiste à une série noire de perte en vie humaine due aux accidents mortels des gros porteurs. C’est sans doute la  raison pour laquelle ce panel-débat a été initié. « L’insécurité routière en débat : la route un grand criminel, avec notre complicité », tel est le thème choisi pour la réflexion. Sur le plateau de l’espace Thomas Sankara de l’Institut Free Afrik, il y avait des experts et spécialistes de la question de l’insécurité routière. Ces panelistes sont entre autre la directrice de la prévention et du contrôle des maladies non transmissibles du ministère de la santé du Burkina Faso, Dr Estelle Dabiré /Dembelé, le chercheur en santé publique à l’IRD, Dr Emmanuel Bonnet, le délégué général du réseau solidarité international sur les transports et la recherche en Afrique subsaharienne (SITRASS), Dr Amakoé Adoléhoumé  et le directeur de l’ICI-Santé, Dr Jean-Baptiste Guiard.  Ces chercheurs ont exposé en long et en large sur  le thème du débat dans leur domaine respectif.

Le Dr Amakoé a exposé sur les 5 piliers qu’intervient l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ces 5 piliers sont : la gestion du système que l’OMS appelle le management de la gestion du système de sécurité routière ; les infrastructures ; les véhicules ; les usagers et enfin le système de santé (les soins, les secours, la rapidité du système de transport des blessés). «La sécurité routière est gérée pas l’organisation mondiale de la santé (OMS). La santé au départ n’a rien à avoir avec les accidents mais c’est elle qui récolte les conséquences de vos ‘’bêtises’’ sur les routes. La sécurité routière c’est quelque chose de multisectoriel et multifactoriel», laisse-t-il entendre.

La communication du Dr Emmanuel Bonnet a porté sur  l’accidentologie, les points morts d’accident dans la ville de Ouagadougou ainsi que les conséquences sanitaires des victimes d’accident.  Il faut noter qu’il a été le responsable de la recherche trauma qui s’est déroulée pendant 6 mois à Ouagadougou entre février et octobre 2015.  Cette étude a révélé « 1867 blessés qui sont allés à l’hôpital, 39 personnes décédées sur la route entre le moment de l’accident et la prise en charge à l’hôpital. Après cela, il y a eu des suivis pendant 7 jours et 30 jours et là, il y a eu encore 8 morts causés par ces accidents  et la tendance  est autour d’une centaine de décès par ans à Ouaga » affirme-t-il. L’une des principales causes de ces accidents sont le non-respect des feux tricolores et ce sont les jeunes qui sont les plus exposés.

L’expertise du Dr Jean-Baptiste a porté sur la prise en charge des blessés de la route. Selon lui, il y a 4 étapes principales dans la prise en charge des blessés : la chaine des secours, la prise en charge par les services d’accueil dans les hôpitaux ; les soins de suite (tout ce qui relève de la rééducation des blessés, le suivi psychologique et social de ces personnes) et enfin la réparation. Elle ne ressort pas de la santé (les conséquences qui relèvent de la police, de la justice, les assurances pour la réparation des dommages), dit-il.

Le Dr Estelle s’est plus focalisée sur la question de la prise en charge des blessés au Burkina et les actions menées afin de faciliter cette prise en charge. Elle soutient que la prise en charge des blessés est très insuffisante au Burkina Faso et  que le ministère de la santé le reconnait mais que plusieurs actions sont menées pour faciliter cette prise en charge.

Dans le monde c’est 1,3 millions de morts par an sur les routes et c’est la 8ème causse de mortalité toute confondue. « On est passé de la 12ème à 8ème  en moins de 10 ans et on annonce qu’en 2030 si rien n’est fait on sera autour de la 5ème  cause de mortalité dans le monde. Partout dans le monde, c’est la 1ère  cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 29 ans et  là où les accidents sont pires selon les indicateurs c’est le continent africain. Ces chiffres font froid au dos », confirme le Dr Emmanuel.

Assata SINARE

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