La divagation des animaux dans les centres urbains : « Il faut que cela change !»

« Mon pays, la mentalité doit changer !» tel est le refrain d’un titre phare du reggae man burkinabè Sana Bob. Faisant nôtre ce cri du cœur ou d’indignation, il faut le dire sans ambages qu’il est vraiment temps que la divagation des animaux dans les centres urbains et singulièrement à Ouagadougou cesse.  C’est d’ailleurs le thème de l’émission interactive « Commentons l’actualité » de la Radio nationale du Burkina de ce matin 12 mars 2019.

L’élevage est interdit en ville, c’est connu ! Mais pourquoi il nous est donné de constater avec impuissance les va-et-vient des animaux dans nos grands centres urbains ? Sommes-nous en ville ou en campagne est-on tenté de se demander ? Certes, l’autorité communale de Ouagadougou initie par moment des actions vigoureuses en la matière. Mais cela semble des opérations éphémères car, les propriétaires des animaux en divagation sur nos artères principales ne mesurent ni la portée intrinsèque ni le symbolisme de ces opérations. Les animaux continuent toujours à faire le pied de grue sur nos chaussées, dans le meilleur des cas, la circulation est bloquée et dans le pire des accidents sont provoqués. Et ce sont les usagers qui subissent impuissamment les méfaits de cet incivisme digne d’un autre âge. Nos rues sont assiégées par des animaux et personne n’en parle. Dans la zone de la grande mosquée de Hamdalaye, à Rimkèta, à Nonsin et comme dans bien de quartiers, le spectacle est affligeant et pathétique. Il faut que cela change ! Où est l’autorité communale ? Et même quand elle se manifeste c’est pour une opération ponctuelle. Et c’est toujours la même rengaine : nous n’avons pas les moyens ! Si nous n’avons pas les moyens, ayons au moins l’intelligence de notre situation de précarité.

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L’année 2019 a été décrétée « ville propre » par le maire de Ouagadougou. Cela sera-t-il effectif avec les crottins d’animaux qui rivalisent d’ardeur dans la cité d’une part et l’incivisme notoire d’autre part? Non, nous ne le pensons pas !

Si nous sommes des citadins, il va falloir se conformer aux règles et principes qui régissent la vie citadine.  Pour une ville capitale, ce genre de pratiques doit être combattu avec force énergie et sans ménagement. La mairie a pris des délibérations dans ce sens, ce qui est salutaire à sa juste valeur mais il faut aller au-delà afin d’éradiquer le phénomène en appliquant les textes. il faut agir plus vite et bien car sous la révolution (1983-1987) des résultats concrets ont été réalisés sous la houlette du président Thomas Sankara dans sa politique des trois luttes.

Les autorités communales doivent mesurer la dangerosité de la situation et initier des opérations pérennes dans ce sens. Les opérations coup de poing ou occasionnelles valent leur pesant d’or que nous saluons à leur juste titre mais mieux vaudrait qu’elles soient durables afin de dissuader les éventuels contrevenants. L’élevage est interdit en ville et nul n’est censé l’ignorer.  

Cette question de la divagation des animaux en plein cœur de la ville de Ouagadougou doit être inscrite en grands caractères dans les agendas des différents maires d’arrondissement afin de trouver des solutions idoines. Le phénomène, ne datant pas d’aujourd’hui, doit être traité avec toute la sérénité qui sied afin de le reléguer aux oubliettes.

  Adama OUEDRAOGO

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